F.A.R.C fond d'aide à la reconversion
Une allocation en devenir.
Adiós Amigos !
Wilson Bueno Largo a pris le large, et pour de bon, après 12 ans de bons et loyaux services au sein des FAR. Comme pour être en adéquation avec son nom (large dans la langue de Cervantès), l’ancien guérillero est arrivé en France jeudi dernier en compagnie de son épouse et sous la surveillance et la protection remarquée d’Ingrid Betancourt elle-même. Preuve en est que l’on atteint parfois des sommets en matière de pardon.
Engagé dès l’âge de 16 ans au sein des FARC, Wilson a décidé de fuir la « Selva », cette jungle inhospitalière, dans laquelle l’horizon ne va jamais plus loin que la branche qui vous fait face. En compagnie de son otage Oscar Tulio Lizcano, parlementaire colombien enlevé il y a de cela huit ans et dont il était le geôlier attitré.
Ce rapatriement - premier du genre - est le pur fruit d’une offre alléchante. Certes les médias auront jugé bon de notifier cette libération, mais l’on s’est bien abstenu de trop en dire, d’en faire trop de tapage, et pour cause… Le sujet dérange et il y a de quoi.
Une prime au retour digne des plus grandes « Incentives »*
Jugez plutôt, cette désertion des rangs des guérilleros marque le début d’une longue série. En effet, quel est le guérillero preneur d’otages qui à l’appel de 335 000 euros sonnants et trébuchants n’échangerait pas volontiers un très long séjour dans la jungle contre une telle prime à la libération et un visa pour une vie plus rangée ?
L’accrobranche, c’est bien sympathique, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps.
Wilson a aussi perçu une «aide humanitaire» de 3.000 euros. Ca paye bien l’humanitaire ! A ces sommes monstre, se rajoutent 1300 € par mois, que le gouvernement colombien s’engage à verser sur son compte en banque durant quelques mois (la notion de « quelques mois » n’est pas détaillée, on n’est plus à ça près). Le tout assorti d’une grâce totale.
Désertez ! qu’ils disaient… Vous serez bien accueilli
Le pire dans cette affaire est sans doute l’absolution politique et judiciaire qui s’ajoute à la manne financière. Wilson, lui, a bien entendu l’appel que lui a adressé Nicolas Sarkozy – au travers de nombreux messages diffusés par radio pénétrant jusqu’au cœur de la jungle épaisse - messages lancés en espagnol, l’appelant à quitter la lutte armée sans risque de poursuite et avec à la clé le précieux sésame : l’immunité.
Il a très bien compris que la réinsertion passait par la désertion et l’abandon de la cause révolutionnaire. Il y a fort à parier que dans un futur très proche, les compagnons de Wilson vont venir à leur tour épouser cette nouvelle cause, celle de l’argent facile et de l’impunité.
En général il faut des années pour qu’une cause révolutionnaire naisse et s’installe ; or depuis peu, la « désertion primée » supplante aisément la cause majuscule, au détriment des motivations et des revendications prônées par les anciens, les vrais, les durs de durs, les ultras Guérilléros.
L’appât du gain facile et du précieux statut de réfugié politique sert cette nouvelle cause sur laquelle devront sauter les FARC restants en quête de reconnaissance et ce, avant que les autorités ne reviennent sur tout ou partie du tout nouveau « Paquet FRIC-FARC ».
Ils devront faire vite car il n’y en aura pas pour tout le monde.
Un statut plus noble que celui de ravisseur, plus respectueux et bien moins contraignant que la vie dans la jungle les attend. En ces temps difficiles, rares sont les révolutions qui peuvent encore lutter contre de tels arguments financiers.
Vamos muchachos !
Interrogé par les journalistes à son arrivée à Roissy «Isaza» - puisqu’il convient de l’appeler par son petit nom, une habitude reprise en chœur et avec zèle par le petit monde journalistique – déclare sans vergogne : «Nous espérons que notre avenir sera magnifique. Le plus difficile, ce devrait être la langue.»
Tu parles Charles ! Ramené à un salaire annuel, notre « absous » repart avec l’équivalent de 41 800 € (soit environ 3500 euros mensuels) pour huit ans passés au service de la guérilla, de la séquestration et du meurtre. Nul ne doute que les années qui viennent seront pour lui « magnifiques ».
C’est tout de même l’équivalent d’un véritable salaire de cadre moyen en France aujourd’hui. Imaginez alors ce qu’une telle somme représente en Colombie. En France, pas même un officier subalterne ne touchera cette solde sur 8 ans de carrière.
Comme quoi, des FARC au FRIC il n’y a qu’un pas ou plutôt… qu’une lettre.
Otage, un statut qui n’a plus le vent en poupe.
De son côté, après huit ans de Jungle, de contrainte, de privation de liberté, Oscar Tulio Lizcano l’ex-otage recouvre lui aussi la liberté, l’aurait-on déjà oublié ? Mais ce n’est pas lui la vedette.
De lui, on parle très peu. Pourtant il est celui qui aura sans doute le plus souffert. Saura-t-on seulement retenir son nom ? Pour lui, pas de prime au retour. Il est libre, qu’il s’en contente ! Et comme un malheur ne vient jamais seul, rappelons qu’il ne s’appelle pas Ingrid Betancourt. Malgré deux ans de plus qu’elle passé aux mains des FARC, cet homme s’en retourne à sa vie en Colombie dans un quasi anonymat.
Heureusement que Wilson le geôlier était là, qu’il en soit remercié.
Et remercié il l’est, car pour prétendre à la prime, est-il nécessaire de le rappeler, il faut quand même se mouiller un peu le maillot et ramener sain et sauf un otage. Il nous est permis de douter de la validation du terme « sain » pour ce qui est de l’état mental de l’otage libéré après 8 années de désocialisation. Quoi qu’il en soit et avec un peu de chance, une décoration sera peut-être demandée prochainement pour «Isaza» par une association de soutien aux repentis et en remerciement de son acte héroïque.
Enfin, lorsque l’on posa la question à Ingrid Betancourt sur ce qu’allait faire l’ex-FARC dans un futur proche, l’ex-otage s’est contentée de répondre : «Pour l’instant, sa famille, c’est moi».
Des situations pareilles et des réponses comme celle-ci ont de quoi vous laisser pantois !
(*) Incentive: Terme anglais voulant dire : motivation C’est aussi un mode de rétribution sous forme de prime liée à une performance et perçue lorsque l’objectif est atteint.
Adiós Amigos !
Wilson Bueno Largo a pris le large, et pour de bon, après 12 ans de bons et loyaux services au sein des FAR. Comme pour être en adéquation avec son nom (large dans la langue de Cervantès), l’ancien guérillero est arrivé en France jeudi dernier en compagnie de son épouse et sous la surveillance et la protection remarquée d’Ingrid Betancourt elle-même. Preuve en est que l’on atteint parfois des sommets en matière de pardon.
Engagé dès l’âge de 16 ans au sein des FARC, Wilson a décidé de fuir la « Selva », cette jungle inhospitalière, dans laquelle l’horizon ne va jamais plus loin que la branche qui vous fait face. En compagnie de son otage Oscar Tulio Lizcano, parlementaire colombien enlevé il y a de cela huit ans et dont il était le geôlier attitré.
Ce rapatriement - premier du genre - est le pur fruit d’une offre alléchante. Certes les médias auront jugé bon de notifier cette libération, mais l’on s’est bien abstenu de trop en dire, d’en faire trop de tapage, et pour cause… Le sujet dérange et il y a de quoi.
Une prime au retour digne des plus grandes « Incentives »*
Jugez plutôt, cette désertion des rangs des guérilleros marque le début d’une longue série. En effet, quel est le guérillero preneur d’otages qui à l’appel de 335 000 euros sonnants et trébuchants n’échangerait pas volontiers un très long séjour dans la jungle contre une telle prime à la libération et un visa pour une vie plus rangée ?
L’accrobranche, c’est bien sympathique, mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps.
Wilson a aussi perçu une «aide humanitaire» de 3.000 euros. Ca paye bien l’humanitaire ! A ces sommes monstre, se rajoutent 1300 € par mois, que le gouvernement colombien s’engage à verser sur son compte en banque durant quelques mois (la notion de « quelques mois » n’est pas détaillée, on n’est plus à ça près). Le tout assorti d’une grâce totale.
Désertez ! qu’ils disaient… Vous serez bien accueilli
Le pire dans cette affaire est sans doute l’absolution politique et judiciaire qui s’ajoute à la manne financière. Wilson, lui, a bien entendu l’appel que lui a adressé Nicolas Sarkozy – au travers de nombreux messages diffusés par radio pénétrant jusqu’au cœur de la jungle épaisse - messages lancés en espagnol, l’appelant à quitter la lutte armée sans risque de poursuite et avec à la clé le précieux sésame : l’immunité.
Il a très bien compris que la réinsertion passait par la désertion et l’abandon de la cause révolutionnaire. Il y a fort à parier que dans un futur très proche, les compagnons de Wilson vont venir à leur tour épouser cette nouvelle cause, celle de l’argent facile et de l’impunité.
En général il faut des années pour qu’une cause révolutionnaire naisse et s’installe ; or depuis peu, la « désertion primée » supplante aisément la cause majuscule, au détriment des motivations et des revendications prônées par les anciens, les vrais, les durs de durs, les ultras Guérilléros.
L’appât du gain facile et du précieux statut de réfugié politique sert cette nouvelle cause sur laquelle devront sauter les FARC restants en quête de reconnaissance et ce, avant que les autorités ne reviennent sur tout ou partie du tout nouveau « Paquet FRIC-FARC ».
Ils devront faire vite car il n’y en aura pas pour tout le monde.
Un statut plus noble que celui de ravisseur, plus respectueux et bien moins contraignant que la vie dans la jungle les attend. En ces temps difficiles, rares sont les révolutions qui peuvent encore lutter contre de tels arguments financiers.
Vamos muchachos !
Interrogé par les journalistes à son arrivée à Roissy «Isaza» - puisqu’il convient de l’appeler par son petit nom, une habitude reprise en chœur et avec zèle par le petit monde journalistique – déclare sans vergogne : «Nous espérons que notre avenir sera magnifique. Le plus difficile, ce devrait être la langue.»
Tu parles Charles ! Ramené à un salaire annuel, notre « absous » repart avec l’équivalent de 41 800 € (soit environ 3500 euros mensuels) pour huit ans passés au service de la guérilla, de la séquestration et du meurtre. Nul ne doute que les années qui viennent seront pour lui « magnifiques ».
C’est tout de même l’équivalent d’un véritable salaire de cadre moyen en France aujourd’hui. Imaginez alors ce qu’une telle somme représente en Colombie. En France, pas même un officier subalterne ne touchera cette solde sur 8 ans de carrière.
Comme quoi, des FARC au FRIC il n’y a qu’un pas ou plutôt… qu’une lettre.
Otage, un statut qui n’a plus le vent en poupe.
De son côté, après huit ans de Jungle, de contrainte, de privation de liberté, Oscar Tulio Lizcano l’ex-otage recouvre lui aussi la liberté, l’aurait-on déjà oublié ? Mais ce n’est pas lui la vedette.
De lui, on parle très peu. Pourtant il est celui qui aura sans doute le plus souffert. Saura-t-on seulement retenir son nom ? Pour lui, pas de prime au retour. Il est libre, qu’il s’en contente ! Et comme un malheur ne vient jamais seul, rappelons qu’il ne s’appelle pas Ingrid Betancourt. Malgré deux ans de plus qu’elle passé aux mains des FARC, cet homme s’en retourne à sa vie en Colombie dans un quasi anonymat.
Heureusement que Wilson le geôlier était là, qu’il en soit remercié.
Et remercié il l’est, car pour prétendre à la prime, est-il nécessaire de le rappeler, il faut quand même se mouiller un peu le maillot et ramener sain et sauf un otage. Il nous est permis de douter de la validation du terme « sain » pour ce qui est de l’état mental de l’otage libéré après 8 années de désocialisation. Quoi qu’il en soit et avec un peu de chance, une décoration sera peut-être demandée prochainement pour «Isaza» par une association de soutien aux repentis et en remerciement de son acte héroïque.
Enfin, lorsque l’on posa la question à Ingrid Betancourt sur ce qu’allait faire l’ex-FARC dans un futur proche, l’ex-otage s’est contentée de répondre : «Pour l’instant, sa famille, c’est moi».
Des situations pareilles et des réponses comme celle-ci ont de quoi vous laisser pantois !
(*) Incentive: Terme anglais voulant dire : motivation C’est aussi un mode de rétribution sous forme de prime liée à une performance et perçue lorsque l’objectif est atteint.
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