MILLE BADAUDS POUR UN CHALET
Qui ne s’est jamais demandé, ne serait-ce qu’une fois, à quoi pouvaient être payés certains journalistes dans l’exercice de leur profession ? C’est une question somme toute d’une grande banalité, elle interpelle parfois ; révolte les uns, anime les autres ; elle est cependant bien humaine tant les exemples nous sont jetés en pâture au quotidien.
Cependant on pourrait se poser la question à la vision ce jour d’un reportage diffusé lors du journal TV de la mi journée du vendredi 4 Decembre sur Canal + en direct de Gstaad
De l’air de l’air
Embastillé depuis trois mois, Roman Polanski va être libéré sous caution et assigné à résidence dans le courant de la journée. Le très célèbre cinéaste va pouvoir enfin regagner ses pénates helvétiques. Mais à peine remis en liberté, bracelet électronique à la cheville il pourrait sans doute très vite regretter les moments qu’il aura passé au calme dans les quelques mètres carrés de sa cellule. Et pour cause ! Aux vues des vautours alentours et du capharnaüm ambiant on serait à moins, intéressé à prendre la tangente. Et qui sait ? Peut être est-ce là une stratégie journalistique d’un nouveau genre : Envahissons les lieux ! il finira bien par déguerpir et on pourra avoir quelques images. Mieux, il se fera la belle, bracelet ou pas.
Ils sont venus ils sont tous là !
Le journaliste de Canal+ qui couvre l’évènement est arrivé sur place bien avant son propriétaire, à quelques dizaines de mètres du chalet, tout excité, transis de froid. Il n’est pas seul, une myriade de confrères qui se gèlent comme lui les arpions dans la neige fraiche. Par le truchement de la camera, on devine la bâtisse en bois. Il n’a pas eu la meilleur place pour son reportage car l’on ne distingue pas la porte d’entrée, c’est ballot !
L’équipe télé de Canal ne pourra pas immortaliser le moment tant attendu par la planète, celui ou Madame viendra lui ouvrir. C’est qu’il aurait pu filmer ce délicieux moment de retrouvailles, voire même peut être même saisir quelques phrases volées du style: « Chéri n’oublie pas de mettre les patins ! » se serait écriée son épouse en liesse. Les rouler lui vaut quelques ennuis avec la justice outre atlantique, ici en Suisse il n’a juste qu’à les chausser.
Venus des quatre coins de la planète pour ce qu’il est convenu d’appeler le Non-événement du siècle, notre journaliste va nous faire part de ses commentaires dans un jargon bien à lui et des phrases toutes faites dont seuls ceux qui sont envoyés sur de tels reportages on le secret. Mais au fait qu’à t-il à dire ou à commenter de bien à propos? Que fait-il là ? Est-ce une punition de couvrir à – 3° ambiants la libération du maestro ? Sans doute pense t-il pouvoir approcher la star et du bout de son micro lui demander « Alors Roman, Heureux ? » Si tant est qu’il ait pensé à cette éventualité ; c’est dire la grandeur journalistique avec laquelle il pourrait penser nous épater, mais l’espoir est permis.
Le contenu de son unique commentaire va se résumer à ces quelques balbutiements poussifs : « Polanski va arriver dans une demi- heure, il ne devrait plus tarder… » Puis deux voitures sombres passent à ses côtés en direction du chalet. Notre journaliste est tout ému, on peut l’entendre nous dire : oui ! Je détourne la tête car depuis un long moment on voit arriver des voitures croyant à chaque fois que Polanski est dedans…Peut être est-il dans une de celle là ! On peut voir les voitures passer par l’arrière de la maison.
Vous vouliez de l’info vous en avez eu !
On croirait rêver, ils ont osé, ils l’ont fait. Nous voilà satisfait, notre voyeurisme est assouvi, comme notre appétit. Tout juste pouvons-nous jubiler une fois n’est pas coutume de voir que les badauds ne sont pas ceux que l’on a l’habitude de voir. Telles ces mouches vertes posées sur de la matière fécale, notre journaliste et ses confrères tiennent leur position et ne la lâchent pas.
On serait en droit de penser que les rédactions ont mieux à faire que de laisser des équipes divaguer dans le froid ou faire des frais pour si peu, pour ne pas dire pour rien. Eh bien non ! Si ce n’est pas de l’argent jeté par les fenêtres qu’est-ce donc ?
…de la connerie ?
Cependant on pourrait se poser la question à la vision ce jour d’un reportage diffusé lors du journal TV de la mi journée du vendredi 4 Decembre sur Canal + en direct de Gstaad
De l’air de l’air
Embastillé depuis trois mois, Roman Polanski va être libéré sous caution et assigné à résidence dans le courant de la journée. Le très célèbre cinéaste va pouvoir enfin regagner ses pénates helvétiques. Mais à peine remis en liberté, bracelet électronique à la cheville il pourrait sans doute très vite regretter les moments qu’il aura passé au calme dans les quelques mètres carrés de sa cellule. Et pour cause ! Aux vues des vautours alentours et du capharnaüm ambiant on serait à moins, intéressé à prendre la tangente. Et qui sait ? Peut être est-ce là une stratégie journalistique d’un nouveau genre : Envahissons les lieux ! il finira bien par déguerpir et on pourra avoir quelques images. Mieux, il se fera la belle, bracelet ou pas.
Ils sont venus ils sont tous là !
Le journaliste de Canal+ qui couvre l’évènement est arrivé sur place bien avant son propriétaire, à quelques dizaines de mètres du chalet, tout excité, transis de froid. Il n’est pas seul, une myriade de confrères qui se gèlent comme lui les arpions dans la neige fraiche. Par le truchement de la camera, on devine la bâtisse en bois. Il n’a pas eu la meilleur place pour son reportage car l’on ne distingue pas la porte d’entrée, c’est ballot !
L’équipe télé de Canal ne pourra pas immortaliser le moment tant attendu par la planète, celui ou Madame viendra lui ouvrir. C’est qu’il aurait pu filmer ce délicieux moment de retrouvailles, voire même peut être même saisir quelques phrases volées du style: « Chéri n’oublie pas de mettre les patins ! » se serait écriée son épouse en liesse. Les rouler lui vaut quelques ennuis avec la justice outre atlantique, ici en Suisse il n’a juste qu’à les chausser.
Venus des quatre coins de la planète pour ce qu’il est convenu d’appeler le Non-événement du siècle, notre journaliste va nous faire part de ses commentaires dans un jargon bien à lui et des phrases toutes faites dont seuls ceux qui sont envoyés sur de tels reportages on le secret. Mais au fait qu’à t-il à dire ou à commenter de bien à propos? Que fait-il là ? Est-ce une punition de couvrir à – 3° ambiants la libération du maestro ? Sans doute pense t-il pouvoir approcher la star et du bout de son micro lui demander « Alors Roman, Heureux ? » Si tant est qu’il ait pensé à cette éventualité ; c’est dire la grandeur journalistique avec laquelle il pourrait penser nous épater, mais l’espoir est permis.
Le contenu de son unique commentaire va se résumer à ces quelques balbutiements poussifs : « Polanski va arriver dans une demi- heure, il ne devrait plus tarder… » Puis deux voitures sombres passent à ses côtés en direction du chalet. Notre journaliste est tout ému, on peut l’entendre nous dire : oui ! Je détourne la tête car depuis un long moment on voit arriver des voitures croyant à chaque fois que Polanski est dedans…Peut être est-il dans une de celle là ! On peut voir les voitures passer par l’arrière de la maison.
Vous vouliez de l’info vous en avez eu !
On croirait rêver, ils ont osé, ils l’ont fait. Nous voilà satisfait, notre voyeurisme est assouvi, comme notre appétit. Tout juste pouvons-nous jubiler une fois n’est pas coutume de voir que les badauds ne sont pas ceux que l’on a l’habitude de voir. Telles ces mouches vertes posées sur de la matière fécale, notre journaliste et ses confrères tiennent leur position et ne la lâchent pas.
On serait en droit de penser que les rédactions ont mieux à faire que de laisser des équipes divaguer dans le froid ou faire des frais pour si peu, pour ne pas dire pour rien. Eh bien non ! Si ce n’est pas de l’argent jeté par les fenêtres qu’est-ce donc ?
…de la connerie ?
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