L’Ane, le chien, le coq et le Muezzin

Autrefois l’âne des villes convia l’ânesse des champs,
Du côté de Marrakech à écouter le Coran.
Arborant ses plus belles quenottes, l’âne Fernandel rêvassait de culotte.
De cheval ? Que nenni ! L’ânesse seule a compris.
Un tapis Marocain et l’âne festoierait du soir au matin,
Tout est prêt pour l’office, les champs, la nuit, la rosée, l’ânesse presque complice.

Venant de nulle part, un chien jaune endormi,
N’avait point à cette heure encore senti la nuit.
Le sale cabot est moche, il est maigre est bien laid
Il ne fuirait sa propre odeur tant l’odorat bien altéré
En avait fait un vieux chien déréglé.

Pourvu de tant de tares dussent elles être endémiques,
Il n’était point gâté, plus haï qu’un moustique.
Jappant la nuit dormant le jour, il attirait foudres alentours.
Le bruit court de partout que ses jours sont comptés,
Fusils, pièges et poison, l’arsenal est listé.
Le village a le choix pour passer à trépas
Celui qui fut jadis un met très fin de roi.
Ne dormant que le jour il s'adonne à pourrir 
Les quiétudes alentours au moment de dormir

Pensant qu’à s’envoler notre bel équidé est d'humeur joyeuse,
Ayant déjà testé l’herbacée résineuse. A quoi bon partager? il faut fumer le joint!
D’un autre monticule, un vieux coq déplumé regardait sa pendule,
S’apprêtant quant à lui à ne point réclamer son dû.
Pas même quelque intérêt aux dommages vécus, fussent-ils corporels ou pretium doloris.

Tout juste remis d’une dure nuit violenté, il s’apprêtait enfin à pouvoir roupiller.
N’espérant ce soir-là ne point vivre deux fois, pareille mésaventure une fois ça ira !
Etre pris pour ânesse n’est en rien sinécure.
Par le chanvre Marocain, quelque peu rendu ivre,
L’âne la veille vit en lui une singulière idylle.

Ce dernier bien armé ses assauts prépara. 
Pendant qu’il était en train, notre joli monde crétin,   
Festoyait sans vergogne en tirant sur le joint.
Se passant non sans peine le vieux chanvre chauffé
Ils attendaient tous que la bourre soit sonnée.

D’un proche minaret un muezzin bien jeune
Ordonna par le chant la fin d’un bien grand jeun.
Oyé-Oyé ! Braves gens cessez de vous priver,
En avant galopades, cabrioles, ruées !
Profitez, festoyez, lâchez-vous soyez fun !

Il n’en fallu pas plus à notre arche dégantée
Pour que fièvre contagieuse nos amis soient touchés
Le premier en débauche l’âne s’enivre au chichon
« Ce Marocain est bon, à moi les beaux croupions » !

Par on ne sait quel effet secondaire,
Chacun d’eux tour à tour en perdirent leurs repères.

Qu’importe l’étrange herbage au bon gout de cerise
Notre mâle en déroute pris d’assaut sa promise, du moins le croyait-il.
Le coq y repassa telle une vielle chemise,
Ce fut sa dernière nuit et ne put résister,
L’outrage deux fois vécu il finit explosé.

Épargnée, esseulée, se sentant incomprise
Notre ânesse assista à l’affreuse méprise,
Impuissante et bien triste n’entendant plus chanter
Percevant juste un râle du vieux coq démembré.

Quant au chien réveillé sorti de sa remise, Il jappait de plus belle, croyant l’ânesse promise
Remuant ses effluves en s’auto-aboyant, se croyant repousser quelconque chien errant.
Tellement  vieux, tellement  sot et dénué d’odorat, qu’il il ne vit rien venir… lui aussi y passa.

Atterré par la scène et tant de décadence, le Muezzin préféra ne point y faire audience
Bien qu’invoquant Allah et sa miséricorde, il ne put par son chant réduire tel désordre
Pareille cacophonie semblait bien irréelle, seule chez les humains elle aurait son pareil.
Notre âne baryton détrousseur lubrique, décida d’endosser une vie monastique,
Parti vers Compostelle il se fit rattraper, de luxure et de shit, il ne put se passer.

Quittant tout sur le champ, coq, ânesse, maison
Court pèlerinage il fit, il fini saucisson

Moralité : Qui broute la mauvaise herbe finit en salaison, pour cela gardez-vous bien de changer de jupons !


@Jean-Michel Elie Peretz

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